Métiers

Le progrès s'acquière 
en puisant le beau de la terre
Métiers

Il n’y a pas de hiérarchie entre les métiers
Pas de différence de valeur à démontrer
Chaque domaine, aussi différent soit-il
Se doit de présenter son meilleur profil
Commerce, santé, services, politique
Formation, d’être garant face au public

Certains métiers sont portés aux nues
Quand d’autres se perdent de vue
Cédant, dans l’imagerie populaire
Sur le podium, leur place de leader
Se voient débordé par la robotique
Hier science-fiction, aujourd’hui unique

L’évolution, moteur de notre société
Toujours à l’affût de maintenir l’avancée
Qui apporte à sa population de l’aisance
Voiture et avion pour partir en vacances
Rien ne s’arrête et même, si des grincheux
Se mettent en travers, tant pis pour eux !

Mais, il y a toujours un mais, au verso
Le progrès s’acquière en puisant le beau
De la terre, ne lui rendant que du mauvais
Du laissé, du pollué, qui déjà lui déplait
Sachant cela, tournons la médaille sur recto
Composons des métiers au tempo « allegro »

Le facteur

A l’ancienne, il est porteur de messages
De jardin à maison, fait son passage
Réconforte un bref instant les solitaires
En leur donnant des nouvelles salutaires
Et échangeant avec eux quelque propos
Optimiste, il est tourné vers le beau

De bon matin, sa tournée il la prépare
En connaît les détails de toutes parts
Jardins à traverser, chiens à amadouer
Aux portes de service, sonner et entrer
Du départ, sacoche lourde à l’épaule
Il va à travers rues, fait halte dans un hall

Son relai de mi-parcours où il bonde
Journaux et courrier, tant ils abondent
Avant de poursuivre son chemin
Qu’il vente, pleuve depuis le matin
Caprices météo ou soleil, il observe
La nature qui se donne sans réserve

Tout au long de son périple quotidien
Des rencontres lui procurent du bien
Même brèves, les paroles échangées
S’ouvrent vers des horizons colorés
Apportant quelques onces de bonheur
Et allégeant ainsi la dureté du labeur

Métro-boulot-dodo

C’est une image aux airs anecdotiques
Elle parle des jours, non encore chaotiques
Des trente années, dites glorieuses
Où, atteints de la fièvre acheteuse
Hommes et femmes, consommaient
Sans se soucier que la terre, ils épuisaient

Ils ont fait du monde leur lieu de vacances
En ont apprécié les variétés, les ambiances
Moment de liberté, se disant l’avoir gagné
Mérité tout de même, ils avaient bien travaillé
Hommes et femmes, regardaient, admiraient
Sans entendre que la terre, ils l’accablaient

Au changement de millénaire, entre en scène
Une jeunesse consciente qui nous emmène
Devant des miroirs, reflets du portrait déformé
D’une planète bleue à la nature fort fatiguée
Il est venu le temps de réfréner nos élans
C’est dans leurs bouches, le principal slogan

Prendre à bras le corps, l’envers du décor
Y apporter soins et nouveaux accords
Choisir ses chemins pour vivre l’essentiel
Protéger la nature, garder du bleu au ciel
Sont là de premières raisons pour abandonner
Cette diabolique référence au Dieu « marché »

Ecrire

Le monde de l’écriture
C’est celui de l’aventure
D’une jungle, l’entrée
Une course désorientée
Machette à la main
Pour s’ouvrir un chemin

Ecarter les entrelacs de vert
Suite de pièges au goût amer
Défier des tribus indigènes
Déjà maîtres sans gêne
Qui montrent par des rites
Que passer se mérite

Un premier village visité
Après avoir son chef, honoré
Vous guidera jusqu’au fleuve
Suite de votre dure épreuve
Couper et attacher des joncs
En construire une embarcation

Ce fleuve, en un premier temps
Semblera être un apaisement
Cachera cependant des rapides
Des contours et remous intrépides
Qu’il y aura lieu de braver
Et de la jungle, tutoyer la canopée

Aujourd’hui

Il n’est pas aisé de choisir une voie
Qui nous conduit vers un futur en joie
La toile de la vie a tant de contours
Il en suffit d’un et l’on prend un détour
En un premier temps, sans le savoir
S’il va nous mener, ou pas, à l’espoir

C’est lancer un dé et pousser son pion
Dans les cases dessinées en rond
Avec le souhait d’arriver le premier
Dans le carré final qui nous est destiné
Mais le jeu prend du temps, cinq pions
À pousser, pour une vie avec du bon

Les joueurs sont nombreux, pressés
Ils bousculent fort pour progresser
Vont bien vite pour rester devant
Demeurent fermes et constants
Si malgré tout, quitter leur jeu s’impose
Ils le feront, sachant de quoi ils disposent

Des jeux, il y en a beaucoup, autant
De voies pour prendre un tournant
Vers des horizons qui vont élargir
La toile de notre vie, faire grandir
Un fil tissé fort, porteur d’expériences
Un choix souligné qui donne confiance

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