Page blanche
Même vierge, elle est déjà le début
D’une histoire, inventée ou vécue
Elle est son suspens, pour l’auteur
Qui va y inscrire un ton, une teneur
Y planter un décor, des sons, un lieu
Le faire juste, autant qu’il le veut
Habillée de caractères alignés,
En noir, des phrases sont couchées
Elle accrochera le lecteur au récit
Qui, hâtif d’en connaître le suivi
La retournera pour trouver
Son verso, noirci à volonté
Ainsi pour l’auteur, son quotidien
Est, au plus fort de son temps, plein
De pages blanches qui l’emporteront
Dans l’aventure des mots, forgeron
Jouant parfois avec le feu ou le froid
De la narration, laissant le lecteur coi
La vie n’est-elle pas comme un livre,
Des pages blanches devenues ivres
Des histoires que nous nous racontons
Du phrasé, des mots, de la ponctuation
Arrangés pour le mieux, en un voyage
À travers les ans, à travers nos pages ?
