Les oeuvres ne sont là qu'un temps,
tirées de sélections privées
L’art de rien
En galerie, au musée, œuvres à voir
Sont en scène, de salles en couloirs
Tableaux et sculptures se partagent
Entre murs et espaces, les plages
Se lisent, s’admirent tour à tour
Par un public venu des alentours
Les œuvres ne sont là qu’un temps
Tirées de sélections privées, souvent
Prêtées par de riches collectionneurs
Ouvrant une fenêtre sur leur bonheur
Le chaland peut s’en imprégner à loisir
Même éphémère, c’est son bon plaisir
En pleine lumière, au sortir des lieux
Défilent en mémoire et dans ses yeux
L’éblouissante imagination des auteurs
Qu’ils soient célèbres, ou amateurs
Ils racontent toujours un instant de vie
Qu’ils ont su imager, à nous faire envie
Puis vient le jour où la collection
Fait place à une autre exposition
Des œuvres d’un lointain pays
Elles parlent de coutumes et de vies
Apprenant aux visiteurs, en couleurs
Les comment des autres bonheurs
Cinéma
La diffusion d’un dernier film d’auteur
Est annoncée avec force et honneur
Les programmations sont bouleversées
Un public averti est convié en soirée
À la séance, en présence des acteurs
Une rencontre comme venue d’ailleurs
Dans le hall d’entrée déjà on se bouscule
Chacun pressé de s’installer dans la bulle
Une salle obscure, ses couleurs, ses odeurs
Écran géant animé, dires d’un bonimenteur
Qui, enthousiaste, annonce des promotions
Les gens se parlent en attendant la diffusion
En dialogues et musique, le film se déroule
Compte l’histoire, comme ruisseau qui coule
Ouvrir la fenêtre de l’imaginaire, n’est besoin
Auteurs, acteurs, compositeurs en ont pris soin
Le temps s’égrène, des méandres se font sentir
Des remous aussi, il ne pas faut pas s’en mentir
Au cours de la rencontre des principaux acteurs
Il est reconnu que le film relate une peine de cœur
Romancée, pour rendre plus accessible, le livret
Plus plaisant, pour ne pas entrer dans le désuet
Laissant le choix de s’identifier à l’un des héros
Ou ne pas s’aventurer dans un même scénario
Au théâtre
C’est une soirée détente, au théâtre
Une pièce qui se joue depuis octobre
Amusante, elle a défrayé la chronique
La presse l’a portée au rang d’unique
Le tout Paris s’est pressé d’y réserver
Sa place, en être et surtout la raconter
Acte 1
Madame et Monsieur devisent au salon
Sa journée, elle raconte, ses occupations
Lui écoute, mais reste dans ses pensées
Le déjeuner partagé avec l’autre aimée
On comprend, le classique trio infernal
Le public, sourire en coin, entre dans le bal
Acte 2
Des sous-entendus, des malentendus,
Des scènes aux rebondissements inattendus
Côté cour, côté jardin, des portes claquent
Des apparitions surprises se démarquent
On est au cœur de l’action, des quiproquos
Madame et Monsieur font face aux maux
Acte 3
Le climat s’apaise, sur scène chacun sourit
En salle, le public retrouve ses esprits
La parenthèse d’égarement refermée
Offre au duo tout l’élan pardonner
De reprendre le fil blanc de leur amour
Leur bien-être et d’en faire de beaux jours
Un livre
D’abord, c’est l’habit de son intérieur
Qui se veut pour l’œil, séducteur
La jaquette, par ses deux belles pages
Invite à prendre la route d’un voyage
De face, une image, un titre fort
Au dos, le pitch pour attirer encore
En noir sur blanc, découvrir l’histoire
Apprécier le récit, souvent le soir
La plume de l’auteur, son écriture
Donnent tout l’élan de la lecture
Le dérouler invite à tourner la page
Au fil des mots, construire son image
La toile tissée, au cœur de l’action
C’est le suspens qui donne le ton
Que prennent place les émotions
Il ne manque qu’un peu de musique
Pour les souligner, tel un film unique
Son long métrage un rien diabolique
Puis s’approche, d’un chapitre à l’autre
Le dénouement que l’on imaginait autre
Prolongeant l’intrigue d’un second souffle
L’auteur ajoutant l’ultime qui époustoufle
Relance le lecteur dans une dernière course
Pour le ramener en final au titre, la source
Art en nature
Des œuvres d’art dans la nature
Elles sont contemporaines, pures
Placées tout au long de sentiers
Croisées, dans un paysage escarpé
Racontées, elles donnent connivence
Au chaland qui en saisit tout le sens
Nombre de tableaux représentés
Placent l’humain face à ses réalités
D’aujourd’hui et vœux de demain,
Ils mettent en scène le fait-main
L’opposent habilement au fabriqué
Au tout électronique alambiqué
Se balader au cœur de l’imaginaire
Même pour un temps éphémère
La tête au bleu, les pieds au vert
Est, pour un instant, une échappée
Emporté sous la baguette d’une fée
Le grand écart entre faits et idées
Après avoir tutoyé tant de visions
De l’être, son passé, ses prévisions
Ses espoirs de retour vers l’essentiel
Comme souhait de la fin de l’artificiel
Quitter cet espace ouvre une porte
Vers les idéaux qui nous importent
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