Ouvrir de la pièce d'à côté,
la cloison
Chez soi
Être comme chez-soi, son cocon
Passer du bon temps à la maison
Entouré d’objets, à la fois souvenirs
Des ans passés et tout aussi à venir
Dans un décor au goût assuré, choisi
Tel le déroulé d’un conte bien écrit
De chez soi, c’est se donner du temps
Pour l’observation d’un printemps
Qui apporte ses lumières de bonheurs
Ses beautés, arbres et prairies en fleurs
Ouvrir la fenêtre, comme s’échapper
Par l’air vivifiant, se laisser happer
Puis sonne la fin de cette récréation
Ouvrir, de la pièce d’à côté, la cloison
Et entrer dans le monde de l’enfance
Des jeux et joyeux rires en permanence
Écouter leurs jolies histoires inventées
Refermer, les laisser créer, imaginer
Au soir, alors qu’approche l’heure du dîner
La table il faut dresser pour les invités
Au cœur de la pièce, les convives partageront
L’instant précieux des mots qu’ils échangeront
Des heures marquées du sceau de la convivialité
Au long du repas et jusqu’au temps de se quitter
Au restaurant
C’est un dimanche de printemps
Un air de fête flotte joyeusement
Parents, enfants et petits-enfants
S’invitent autour d’une bonne table
Pour marquer un passage inéluctable
Celui de l’âge, ce récidiviste coupable
Petits-enfants, ce n’est pas une notion
Enfants, c’est une entrée dans l’émotion
Parents, c’est comme un regard du démon
Faisant fi de ces préceptes, un anniversaire
Demeure une bonne raison de tout faire
Partager un repas, se raconter et s’y plaire
Le lieu, le décor différents pour l’évènement
Un emballage cadeau et ruban pour le charmant
Au dessert, le fêté qui découvre les présents
Choisis et offerts par des convives, pressés
De voir l’élu du jour, son plaisir manifester
Ne serait-ce que de son choix, être confirmé
De la table, maintenant en joyeux désordre
Chacun s’en relève, presque en bon ordre
Pour la visite d’un site historique qui leur
Apportera son zeste de culture et d’ardeur
Même si chez certains, ce sera pour mémoire
Clore ce jour, se souhaitant une note d’espoir
Hotel étoilé
Dans un magnifique panorama montagneux
À mi-parcours entre sommets orgueilleux
Tout de blanc entouré, regard vers le soleil
Un hôtel étoilé, sur un lieu qui fait merveille
Prodige de magiciens tiré d’un terminus
De télécabine, jadis pour la station, un plus
Ce gîte est le décor d’un séjour hivernal
Offert contre services, un cadeau peu banal
Une invitation à la griserie sur cristaux blancs
Aux plaisirs de la glisse sous un soleil brillant
Quelques jours à laisser les soucis sur le côté
Ce sac à dos qui encombre trop nos pensées
Le soir venu, à la fenêtre c’est le spectacle
En haut, lune et étoiles font le miracle
Enjoignant de l’accompagner d’un vœu
En bas, la vallée s’illumine de mille feux
Offrant aux enfants, une image de Noël
St-Nicolas et son traineau dans le ciel
Transformer l’entrée d’un cube de béton
En baie vitrée géante face aux monts
Une prouesse d’architectes visionnaires
Qui donne à l’édifice un aspect lunaire
Une illustration façon bande dessinée
Dont les planches en seraient parafées
Le mayen
Au milieu d’une prairie
Ne se dévoilant qu’en partie
Il faut encore un détour
Pour distinguer ses contours
Sur la pente, bien accroché
Il est une invitation à entrer
Être pour un week-end, berger
Chèvres et moutons, surveiller
Avec un chien à ses côtés
Comme si c’était son métier
Rassembler les animaux le soir
Et franchir la porte avant le noir
Pain, fromage et viande pour repas
Soupe réchauffée au feu de bois
La vie à l’ancienne, comme on dit
Où les écrans n’étaient pas du nid
Puis, une fois la soirée bien avancée
Se coucher près du poêle, juste à côté
Trop c’est trop
Il est dit que l’on se sait être riche
Quand on trie jusque dans la niche
Les objets additionnés au fil des ans
Ces « on ne sait jamais » qui pourtant
Cachés dans le profond de notre mémoire
Presque oubliés, squattent nos armoires
Alors c’est l’heure des difficiles choix
Décisions toujours lourdes en poids
Pour leurs valeurs en souvenirs d’enfance
Cadeaux qui ont leur part d’importance
Le train électrique, le pickup, les disques
Les premiers émois à deux, en musique
Dans la cave, ce sont les vieux outils
Dont on ne se serre plus ; c’est fini
De bricoler dans la nouvelle maison
Il faut se défaire des combinaisons
De peintre, mécanicien, jardinier
Tout un temps, devenu passé
Et encore, les places ainsi gagnées
Serviront à une nouvelle volée
De vêtements au dressing, enserrés
Fruits de nombreux shoppings oubliés
Trop courts, ce n’est plus la mode
Ça donnera de l’air dans la commode
Pendule
Posée sur un meuble ou accrochée au mur
Elle est cet objet qui, sans fin, murmure
Montre tout le temps, un autre temps
Actionne l’entier de son mouvement
Trotteuse, petite et grande aiguille
Marqueurs des heures qui s’enquillent
Elle égrène ses tic-tacs, même très tard
Sonne de 1 à 12, et de quart en quart
Ressort-balancier-rouages dansent
De concert, donnent l’exacte avance
Jour et nuit, à force de minutages
Vient le temps obligé du remontage
Accrochée ou posée, l’horloge
Orne l’endroit où elle se loge
Dans un séjour ou un bureau
Donnant une note de beau
Au milieu de meubles anciens
Ou d’un décor contemporain
Elle peut être héritage des siens
Tante Jeanne ou oncle Lucien
Ils sont souvenirs d’un temps
De vacances, alors qu’enfants
Nous passions quelques jours d’été
À découvrir d’autres lieux, marcher
Tableaux
Emménager dans une nouvelle maison
C’est aller vers de nouveaux horizons
Un choix favorisé par un déroulé de vie
Qui entraîne dans le jeu, une autre partie
Ouvrir la porte d’entrée est un lancer le dé
Aménager le lieu, la mise en page d’idées
Chez soi, il y a du « pour tous les jours »
Du cossu, du léger pour jardin et cour
Des objets, des tableaux pour le décor
Miroir des goûts, pour marquer encore
Ce cocon ouaté où l’on se réconforte
Son Nord, une fois fermée, la porte
Les tableaux sont autant d’histoires
Qui racontent, reflètent tel un miroir
Les goûts et émotions vécues des gens
Des ombres et lumières, savamment
Réhaussées de traits et couleurs avec art
Accrochés aux murs en finesse et savoir
Ces œuvres sont des souvenirs de voyages
Des paysages, mers, montagnes ou villages
Aux dessins tantôt figuratifs, tantôt abstraits
C’était selon, le coup de cœur qui envahissait
Ce sont aussi des portraits de lieux d’avant
Racines que l’on garde au cœur tout le temps
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