Santé

Au milieu des convives, 
l'un est en retrait
L’apéro

C’est vendredi, le soleil fait le beau
Dans le couloir quelqu’un crie « apéro »
Et chacun lève son verre en disant santé
Comme le veut la coutume, sans y penser
Sans le montrer, mais en l’espérant bonne
Qu’elle soit sans soucis pour personne

Santé, les verres se remettent à tinter
Gestes et paroles commencent à s’animer
Veille de congé, l’ambiance est à la gaité
Au milieu des convives, l’un est en retrait
Touché dans sa santé, comme peu il l’apprenait
À grand peine il se doutait que son tour était

Il a suffi d’un organe au grammage ridicule
Entre mots, pas plus grand qu’une virgule
Pour que dans son corps le temps bascule
Il n’en parle pas, il est en phase d’examen
En espérant que de grave, il n’en sera rien
Optimiste, il pense que tout se passera bien

Dans sa tête, de retour auprès des autres
Il refait santé, pour ne pas se sentir autre
Se joint à la discussion qui se veut légère
En ce moment où il n’est pas sujet d’affaires
Il vit et apprécie la convivialité de l’instant
Une récréation empreinte de bons sentiments

Le temps

Comme le temps passe bien vite
Fait d’attentes, grandes ou petites
Marqué du sceau de l’impatience
Exigeant force et compétences
Qu’il soit affaires ou personnel
Il est un mouvement perpétuel

Parfois, un bref instant, il s’arrête
Par une nouvelle qui s’y prête
Un total inattendu annoncé
Un coup du sort dans la santé
Qui va bouleverser, un temps
Son inexorable écoulement

Ce temps, ne pas le laisser faire
Le surveiller de près, le faire taire
Pour que, en santé il se prolonge
Que dans la grâce, il nous plonge
Dans l’océan bleu du bien être
Et que vite s’effacent les peut-être

Le cours du temps ainsi retrouvé
À nouveau, presque comme obligés
Nous redonnons forme aux envies
Des élans qui confèrent sens à la vie
Rencontres et partages en cadeaux
Pour un temps qui passe dans le beau

Feu rouge

La petite glande qui entrait en scène
Actrice du couple sous les « je t’aime »
A tenu son second rôle comme promis
En a reçu distinctions et premier prix
Une marque de cœur pour l’honneur
D’avoir joué tant d’épisodes de bonheur

Mais, un crabe, marchant de travers
S’en est approché et a été découvert
Juste avant ou bien avant, il cherchait
Le petit coin pour s’accrocher, discret
Espérant ne pas être trop tôt débusqué
Et ainsi, tranquillement se développer

De contrôles en enquêtes, bien attrapé
Il a été interrogé, en garde à vue, placé
Pour l’empêcher de s’échapper plus loin
Les jurés réunis ont débattu avec soin
Et prononcé la sentence la plus sévère
De la bande des organes, l’en extraire

Le tournage de l’épilogue va commencer
Les équipes techniques s’y sont préparées
Les comédiens, familiers avec leurs rôles
Se profilent face caméra sous le contrôle
Du metteur en scène. Éclairés de mille feux
Ils vont déclamer la fin du crabe vicieux

Feu vert

Le crabe, auparavant débusqué
Puis sous les projecteurs, enlevé
A redonné au patient la santé
Du courage pour passer l’après
Le retour aux gestes du concret
Et son aise d’être dans les faits

Le patient se souvient des propos
Peu rassurants donnés pour info
Pas de langue de bois, du direct
Lancé entre deux portes, qui affecte
Et demande deux examens encore
Afin de ne pas être dans le tord

En cette saison-là, les mois passent
Le malade s’interroge, se lasse
Il ne voit pas se concrétiser l’action
Celle de tordre le cou, par opération
Au crabe accroché si insidieusement
Dans un recoin « secret » du patient

Opération, convalescence, contrôles
L’après est comme un nouveau rôle
Médecin et patient, plus détendus
Se réjouissent que le crabe ne soit plus
Pour le patient, c’est le temps du recul
Pour le praticien, le temps du pécule

Chute alors !

En montagne, c’est l’hiver blanc bleu
Un panorama flatteur pour les yeux
De ces jours où tout se conjugue
Pour nous inviter à une petite fugue
Agrémentée pour le fun, des plaisirs
de la glisse ; vite il est l’heure de partir

Le soleil, joueur de ses rayons, est bien là
Il a chassé la lune à l’Ouest, tout là-bas
Mais au détour d’une vallée, il lui arrive
De rester plus longtemps sur l’autre rive
C’est son jeu favori, ombre et lumière
D’ailleurs, ne détient-il pas l’idée première ?

Au pied de la montagne, un regard là-haut
Nous prend l’envie de dire « que c’est beau »
Emerveillement devant cette Dame nature
Qui nous entoure, nous épate pour de sûr
Et là se sera avec la complicité d’un loisir
Descentes, ski et vitesse pour le plaisir

Cet abandon peut se troubler d’une chute
Spectaculaire parfois ou simple culbute
C’est selon une faute ou une distraction
Qui survient et d’un rien, casse l’émotion
Pouvant apporter son lot de vicissitudes
Ou, sans gravité, du jour conserver la plénitude

Convalescence

Être en symbiose avec la nature
De la glisse sur neige à vive allure
Une plénitude, par une chute, cassée
Sans gravité, en premières pensées
Se relever, suivre la pente, prudent
Et s’arrêter car il est bien temps

Rien de cassé, mais le coup porté
Ouvre l’entrée au cercle des blessés
Pour remèdes, attente et patience
Rien qui aurait plus de pertinence
Laisser faire la nature, encore elle
Qui se donne le temps, sûre d’elle

Tranquillité ça s’appelle et laisser faire
Convalescence ça se dit et du bon air
Marcher tout de même, progressivement
Ne pas perdre le naturel du mouvement
Prendre soin de soi, son âme, son corps
De forts conseils qui sonnent d’un cor

C’est aussi un temps pour la culture,
Ecoute, musique, lecture, écriture
Des moments précieux, comme offerts
Entrer dans d’autres atmosphères
En découvrir, au chaud dans son nid
Les couleurs et les paysages à l’envi

Citadine

Elle court, elle court la citadine
Sur le bitume, pour sa bonne mine
Queue de cheval au vent, elle trotte
Avec les voitures pour seule escorte
En tenue mode, ensemble coordonné
Elle foule les trottoirs à rythme léger

Elle court, elle court, elle est dehors
À un bras, la mesure de ses efforts
Écouteurs Bluetooth aux oreilles
Visière pour se protéger du soleil
À l’autre bras, le portable dernier cri
Elle ne se voit jamais séparée de lui

Elle court, elle court, regarde sa montre
Aujourd’hui elle coure contre la montre
Battre le record de sa propre volonté
Pour elle et surtout pour le raconter
Alors, même si la route monte un peu
Elle s’accroche, elle veut faire mieux

Elle court, elle court la citadine
Le cœur, le souffle se combinent
Avec la mesure de ses efforts
Sont à elle et malgré sa volonté
Le signal qu’il est temps de quitter
Le bitume et son air par trop pollué

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