Société

Mais une voix cristalline, lumineuse
redonne des envies plus rieuses
Radio

A l’heure programmée du lever
Petite musique pour se réveiller
Ecouter du monde, les nouvelles
En nombre et souvent peu belles
Qui donnent l’envie de renoncer,
Retourner sous la couette, se cacher

Mais une voix cristalline, lumineuse
Redonne des envies plus rieuses
Par le propos tenu, léger, imagé
Faisant balance avec la réalité
Elle donne de l’élan pour entrer
Dans ce jour, tout juste commencé

Compagne de route, place au débat
Un face à face en véritable combat
Un mot à mot d’érudits, convaincus
De détenir chacun, l’exact point de vue
Sur des questions qui n’apportent pas
L’attendu qui incite à faire le pas

Une page de musique pour se détendre
Se donner le temps de mieux comprendre
Et vient le moment d’entrer dans ce matin
De prendre à plein bras, actions et turbin
Favoriser entretiens et belles rencontres
Des parenthèses sans regarder la montre

Virus

Dans ce monde qui va à l’envers
Où le bon sens commun se perd
Il ne manquait plus qu’elle, Covid
Qui nous a fait voir des rues vides,
Des visages cachés, restos fermés
Les gens contraints d’être confinés

Scientifiques, médecins, politiques
Tous sont allés de conseils pratiques
Pour s’écarter au mieux des dangers
D’un virus méconnu, presque étranger
Qu’il était bien délicat de combattre
Les antivaccins appelant à débattre

Covid a parcouru la terre trois années
C’était long d’être autant cantonnés,
Sans rencontres entre nombre d’amis
De même pour les fêtes de famille
Dans les lieux d’attente, les séparations
À respecter, c’était dans les conditions

Le monde des affaires aussi était malade
Sans certificat dit « Covid », pas de balades
Tous les métiers de la santé ont cher payé
Puis ce fut enfin le jour où tout s’est libéré
Vie et voyages ont repris de belles couleurs
Pouvoir à nouveau s’embrasser, quel bonheur

Manifs

Bien malade est notre planète bleue
Elle souffre de la « Co2-ite », parbleu
Ça se soigne, jurent les savants fous
Les édiles le répètent à l’envi, partout
De gauche à droite, des opinions s’élèvent
Invitent à la contestation, à faire la grève

Dans les rues des villes, le peuple descend
Portant banderoles et criant ses slogans
Il montre que l’humanité a perdu la façon
La nouvelle génération n’aura plus d’horizon
Sa démarche est sincère, mais entachée
Par des extrêmes violents, hors de la lignée

Des groupuscules casseurs occultent
Le bienfondé de l’action, dans le tumulte
Les médias, par l’image, font leur jeu
Certains agissements attisent le feu
Prennent d’honnêtes gens en otage
Donnant à lire une mauvaise page

Bien sûr, la société idéale n’existe pas
Contre les extrêmes, il n’y a que la loi
S’il faut de tout pour faire un monde
Sachons surfer sur les bonnes ondes
Laisser les émotions et la réflexion
Donner en grand, sa place à la raison

Loup

Un jour de printemps
Dans un pré broutant
Un troupeau de brebis
Au soleil d’un après-midi
Savourait une herbe fraîche
Sans la moindre empêche

Mais c’est la nuit venue
Que le loup est apparu
Il rôdait près de maisons
Avec pour intention
De chasser, telle une traque
Et au final passer à l’attaque

De ses graves morsures
Des brebis moururent
Au plus grand désarroi
Des éleveurs restés quoi
Face aux bobos de bureau
Protecteurs des animaux

Ces agriculteurs à la peine
Ce sort, ce manque de veine
C’est au coeur de leur métier
Qu’ils se retrouvent dans l’adversité
Par manque de vraie empathie
D’édiles aux promesses évanouies

Showbiz

L’éclat et l’étoilé sont partout
Du fun, du beaucoup, du fou
Clinquant, bruyant, dansant
Se glissent en s’amusant
Jusque dans les mimiques
De ladite sérieuse politique

Au bon peuple, des promesses,
Vrais propos de kermesses,
Sont jetés à l’envi, avec en toile
De fond, se montrer bonne étoile
En l’emmenant dans le kitch
D’un futur sans vrai pitch

De gauche à droite on se raconte
Des histoires de stars qui montent
People des réseaux sociaux
Miroir, ne suis-je pas le plus beau
Mes slogans n’ont pas d’égal
Dans cette campagne, un régal

Ils y croient mais ne voient pas
Que la confiance du peuple s’en va
Dans leur bulle, encerclés des lobbies
Leur échappe, la montée des prix
Cet ascenseur qui donne le vertige
Alors que les édiles, eux, voltigent

Ave Hesse 13ème

Dans la lignée des reines
Célébrée pour être en veine
De rendre la vie des ainés
Chaque fin de l’an plus aisée
Évitant ainsi soucis et peines
À tes sujets forts en déveine

Tes pensées vont vers eux
Alors que certains, envieux
De vouloir tout thésauriser
Contre toi sont opposés
Convaincus d’avoir raison
Au chaud dans leurs cocons

Pour que ton peuple ne se soulève
Est montée en toi, telle une sève
L’idée d’ajouter, sans superstition
Le chiffre 13, soulignant ton action
Envers ceux, les plus nombreux,
De les rendre moins nécessiteux

Ils t’ont accueillie avec bonheur
Confiance en toi et chaleur
Se réjouissant d’avoir déjoué
Les amers qui portent l’épée
Dès que ce ne sont pas eux
Qui règlent et dictent le jeu

La mode

Quoi de plus éphémère, aujourd’hui,
Liée à la frénésie d’achats, dans le circuit
Image-site-commande-confection-envoi,
Un carrousel mondial aux précaires emplois
Que la mode du vêtement selon les saisons
Passant de l’autre bout du monde à la maison

Ce manège où tout va très vite est une incite
Au paraître, signe de dynamisme, de réussite,
De suiveurs des tendances, de la modernité
Sans savoir comment l’habit est confectionné,
De quelques clics, ils complètent leur vestiaire
Alors qu’ils n’y songeaient même pas, hier

Longtemps, la mode s’achetait en boutique,
Les échoppes présentaient du beau, du pratique
Dans les foires d’automne, les tendances d’hiver
Étaient l’actuel pour se préparer à rester couvert
Le manteau, en 3D, l’essayer-le toucher-l’acheter
Du contact, sans se douter que ce sera du passé

Aujourd’hui, les influenceurs sont des vedettes
Qui donnent fort le ton au son des trompettes,
Plusieurs fois par saison, pour que chacun achète
Les fidèles d’une marque sont suivis tels des amis
C’est si simple que, monter dans le manège suffit
À se laisser charmer et sa tête tourner avec lui

iPhone

Messages
Envoyés juste en quelques mots
Pour dire ou questionner, mais pas trop
Des faits, des lieux où l’on peut se trouver
Des idées, envies, projets à se raconter
Sont là des écrits envolés d’un téléphone
Prononcé par toute les bouches, iPhone

Photos
Des selfies à gogo, qui remplacent les mots
Moi à Barcelone, moi à la plage, moi à moto
Des paysages, des lacs, des pistes de sable
Tel un reportage, destiné à ses semblables
Et leur montrer que, moi aussi, je voyage
En avion low-cost, car je suis à la page

Applications
Autant les appeler, services à tout faire
Échanger des mails, régler des affaires
Se laisser guider par monts et par vaux
Consulter des horaires, partir s’il fait beau
Voir des films, s’accompagner de musique
Ce n’est là qu’un échantillon, déjà diabolique

Téléphone
Mais oui, mais oui, il est possible de parler
Ce nid de puces permet aussi d’être appelé
De se dire des choses de la vie, d’entendre
Porter attention aux autres, d’apprendre
Se susurrer des mots au parfum de bonheur
Et se presser d’aller vers l’élu-e de son coeur

Toujours plus

Quelle mouche a piqué
Pour que l’homme ait décidé
Que seul le « toujours plus de »
Était de règle en ce monde
Qu’il soit gens dans les rues
Exploits portés aux nues
Argent en milieu d’affaires
Jusqu’à le « trop en faire »

Il n’est pas un domaine
Où juste, on se promène
Où le déjà bien acquis
À chacun de nous, suffit
Il en faut davantage
De tout et à tout âge
Un marathon effréné
Il marque nos destinées

Sous sa folle empreinte
Est notre dure contrainte
Un mouvement perpétuel
Même s’il est parfois cruel
Jusqu’à dicter des actions
Soi-disant, notre protection
Nous laissant nous pousser
Au plus fou pour progresser

Et là, il est grand temps
De se faire plus prudent
De penser, de regarder
S’arrêter, l’autre observer
L’aider, lui prêter attention
Insuffler un nouveau ton
Se tourner vers l’empathie
Et de ce jeu, gagner la partie

On-Off

Dans un monde où tout se bouscule
Faits ou contre faits à l’envi basculent
Du blanc au noir, du rien au tout
De violence sans moindre doute,
Sans vraie compréhension des actes
Des gestes dénoués de tout tact

D’une idée préconçue, un fautif
Est montré du doigt, devient explosif
Par des médias à l’affût du sensationnel
Aussi se tresse un long fil émotionnel
Que les réseaux sociaux tissent au hasard
Des branchés d’ailleurs et de nulle part

La boule de neige grossit, roule, s’emballe
D’un fait divers, des frustrations se déballent
Elles sont nombreuses, elles sont diverses
Le résultat d’une société qui avance à l’inverse,
Plaçant face à face réussite, argent et beauté
Laissant grand nombre de ses sujets sur le côté

Personne n’est innocent dans ce tambour
Qui tourne bien vite et pour toujours
Même si la machine s’échauffe, s’enflamme
Personne ne l’arrêtera, de peur d’un drame
Il faudrait cependant, un sage qui sur off, pèse
En osant s’opposer au fou, qui lui sur on, re-pèse

Science-fiction

Bien des millénaires avant notre ère
La roue, des savants l’inventèrent
Ainsi de marcher, porter, l’homme
A roulé, est devenu plus autonome
S’est déplacé de plus en plus loin
En calèche attelée, puis en train

Aujourd’hui, nous sommes à l’ère
De voyager très vite, par les airs
Toujours plus loin, dans les cieux
La planète, comme terrain de jeu,
Ne suffisant plus aux populations
Grandissantes jusqu’à déraison

En ce millénaire, ce qui est encore
De la science-fiction et valeur d’or
Se téléporter a tout l’heur de plaire
Voyager n’est plus au vocabulaire
Il n’est plus question d’aller vite
C’est l’instantané que l’on visite

Sur terre, juste en un clin d’œil,
À la seconde, quitter son seuil
Marcher sur le sable, en vacances,
Du bureau, aux paysages immenses
Sont des exemples pour imaginer
Nos activités dans le monde entier

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