Voyages

Pêle-mêle et remplie à ras bord
Voyages

Préparer vacances et bagages
Que déjà commence le voyage
En été avec soi, peu sera emporté
À l’hiver, beaucoup sera rassemblé
Dans une valise, véritable miroir
De celui ou celle qui, curieux
Se projette dans un nouveau lieu

La valise est, sans en avoir l’air
Une page de vie de son propriétaire
Elle roule accrochée, à sa main
Sans imaginer encore que demain
Elle se trouvera, parmi des semblables
En vol, direction les plages de sable

Pêle-mêle et remplie à raz-bord
Dans le bagage, arrangées d’abord
Sont les tenues de jour, de sport
Celles de soirées, repas, galas, bals
Puis, les lingeries fines pour le fatal
S’abandonner dans un bonheur royal

Tout au souvenir des moments de délice
Venu le temps de refaire sa valise complice
Revoir le film d’une rencontre, des douceurs
Données et reçues d’un élu de son cœur
Des amours délicieuses mais éphémères
Sous soleil et chaleur du bord de mer

Retour, nostalgique épilogue d’un amour
Retrouver vie et quotidien du toujours
Quitter le sol, en vol tutoyer le soleil
Pensées et rêves de chaleur, de merveilles
Juste encore un peu avant d’ouvrir la porte
Du doux cocon, qui le plus nous importe

L’avion

Assis côte à côte, deux passagers
Regards échangés pour s’étudier
Se demander, qui va parler le premier
Elle, traverse l’océan pour revoir son père
Lui, se rend en Europe pour ses affaires
Présentations, il se doit pour bien faire

La conversation s’engage, s’anime agréablement
À l’aise, chacun lui donne sa fantaisie du moment
Dans les couloirs une agitation se fait remarquer
C’est le service, à l’heure du soir, aux passagers
Les réconforter, même si du hublot on voit le noir
On parle, déguste, boit, avec tenue et bon savoir

Au matin, alors que le retour sur terre l’impose
De ciel bleu en nuages, l’avion au sol se pose
Dernières conversations entre voisins de siège
Chacun, déjà pour moitié sur son autre manège
On applaudit le commandant pour ce vol réussi
Quitter de l’avion, ce pont de vie à la vraie vie

Déambuler le long d’interminables couloirs
Retrouver son bagage, puis le cœur en espoir
Se dépêcher d’aller à la rencontre de cet ami,
Ou ce parent qui attend là, réjouit lui aussi
De prendre dans ces bras ce proche de retour
Si fort lui a manqué, son amitié ou son amour

Cliché

Le temps des vacances
Chacun, souvent y pense
Les envies se bousculent
Avant qu’un choix bascule
Cette année, ce sera une île
Plage et mer pour profil

Préparer, réserver le voyage
Se réjouir d’autres paysages
C’est, en rêve, déjà les vacances
Perspective de moment denses
On remplit les valises, pas trop
L’aviation a ses règles d’oiseaux

À chaque jour ses découvertes
Vallées, collines de vert recouvertes
Soleil et mer calme pour horizon
Jardins exotiques et riche floraison
Hôtel, bar en bord de piscine, jacuzzi
Un lieu à la mode pour les selfies

Et smartphone en main, tout devient
Photos pour montrer comme il est bien
De siroter un cocktail, pieds dans l’eau
Entre sirènes et vacanciers, les beaux
Aux corps sculptés. Chacune pense
En secret à un amour de vacances

Le Phare

Le phare

Il est sentinelle, guide de mer
Droit et fier, resté à terre
Il se sent fort avec sa lumière
Qui balaie lentement l’horizon
Pour que capitaines et moussaillons
Gardent cap et ligne de navigation

Habillé de couleurs vives,
Il est le roi des rives
Que ses sujets honorent
D’un coup de corne sonore
Et encore, une fois être passé
Le salue de son jet de fumée

A l’intérieur, le garde du phare
De veiller au grain, se prépare
Emprunte l’escalier en colimaçon
Au sommet, toujours un frisson
De voir vagues et écume de mer
Puis se retournant, villages et terre

De jour comme de nuit, il s’affaire
Entretenir est son métier, son affaire
Du sol au faîte de métal et de verre
Pour un temps, le phare est son nid
L’étage du repos où il prend soin de lui
Plus bas, celui où il vit et reçoit ses amis

Ailleurs

Du bateau, hisser les voiles
L’habiller de toutes ses toiles
Caressé par les vents
Le guider vers l’avant
Sous un soleil serein
Voir l’horizon lointain

Dans la vague jouant
Des embruns vivifiants
L’esquif dessine son sillon
Marque de l’abandon
Suspendu pour un temps
Des terres et des gens

De nuit, guidé par les étoiles
Le marin affine sa route
La poursuit sans doute
Quitte le froid du Nord
Va où il fait chaud, encore
Au Sud, l’été s’y dévoile

De ce côté du globe
En cette nouvelle mer
Le vent souffle à l’envers
La voilure sur un autre travers
Océan et ciel, les bleus se propagent
Tracent au loin une ligne de partage

Jours et nuits passés
La vue d’une côte, remarquée
Laisse la joie s’éclater
De découvrir une terre nouvelle
Un peuple, son histoire, ses coutumes
Musiques, chants et costumes

Aqua ça rime

À voile ou à hélice, chaque bateau
Est baptisé avant sa mise à l’eau
Son nom, il le portera fièrement
À travers lacs, mers ou océans
Guidé par un capitaine qui saura
Le mener, partout où il le voudra

Amarré dans un port de plaisance
Des voiliers balançaient en cadence
Sur l’un d’eux, Imagine était inscrit
D’une écriture légère, pour le joli
Juste un nom et la magie du rêve
Emmènent déjà loin de la grève

Dans la tête, le voyage commence
Imagine fend la vague avec constance
Cap au Nord, toucher le soleil de minuit
Vivre deux jours sans le noir de la nuit
Se voir en viking pêchant le cachalot
Et au retour, être accueilli en héros

Quelle histoire ! quelle imagination !
Sur un bateau, Il a suffi d’un nom
Pour que s’esquisse tout un paysage
De premières idées mises en image
Et au soir, tel un phare qui s’allume,
Quelques lignes écrites à la plume

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